PREFACE

Par Aude de Kerros

Philippe Sauvan Magnet, l’auteur de ce livre est un être singulier dans le monde des arts.  Ingénieur, il a vécu au cœur de l’innovation numérique. Dès le début de son parcours il a choisi l’image car il l’aime ! Il est très bon photographe et amateur d’art. C’est sans doute pour cela qu’il désire tant que les images numériques soient de grande qualité, qu’il veut les faire exister, diffuser, en devenant l’ardent stratège de leur communication.

Ingénieur des Images et stratège de la visibilité

Sa formation scientifique, son goût pour l’image a fait de lui, au début des années 80, le concepteur d’une des premières cartes graphiques permettant aux mini ordinateurs d’afficher les images à un coût abordable puis de les accompagner de logiciels d’analyse. Ceux-ci étaient destinés dans un premier temps à la recherche scientifique, puis très rapidement aux laboratoires du monde entier. Il s’est confronté à l’effervescence de nouvelles technologies numériques aux USA, ou il a vécu, travaillé, vendu ses créations de logiciels.  Toutes choses qui lui ont permis de devenir lui-même entrepreneur.

 Il a créé sa première start-up, en proposant le service de son expertise dans le domaine des images scientifiques. Avec succès, ce qui entraine sa vente et la création d’une deuxième, pour se confronter à de nouveaux défis. Il s’intéresse particulièrement à la communication et crée une plateforme de mise en relation d’entrepreneurs de différents corps de métiers, dispersés, isolés, dans toute la France et leur clientèle. Nouvelles performances ! Nouvelle mise en vente de la start-up, nouveau désir d’une autre création entrepreneuriale.

Nous sommes en l’an 2000, Philippe Sauvan Magnet veut toujours se consacrer aux images, à leur communication, mais cette fois-ci dans le domaine de l’art.

C’est le bon moment en ce début de millénaire. En effet, en l’espace de trois ans et de trois nouvelles applications numériques mises gratuitement à la disposition du grand public, le monopole de la visibilité détenu par les mass média depuis quatre décennies n’est plus !… la visibilité se démocratise !  Les mass-médias ne sont plus les seules à consacrer, légitimer, rendre célèbres. La concurrence de la visibilité numérique est puissante.  Leurs stratégies de communication ne sont pas les mêmes : les unes fonctionnent en réseau fermé imposant une image, l’autre en réseau ouvert donnant à celui qui cherche le pouvoir de la trouver.

En effet, en 2004, tout internaute peut, sans payer, mettre une image sur Internet. En 2005 naît Facebook, une application permettant de partager sur une plateforme, instantanément, publiquement, sans intermédiaires, images, idées, informations, débats. En 2006, l’internaute peut s’exprimer aussi par un pouce en l’air. Par ce geste l’opinion publique reprend ses droits perdus pendant un demi-siècle de passivité devant les écrans.

Observateur du monde de l’art, alors si contrôlé en France par l’État, Philippe Sauvan Magnet a imaginé comment il pouvait cette fois-ci encore apporter des solutions à un dépérissement du marché, à l’isolement des artistes, à l’invisibilisation systématique de la peinture, non conforme au conceptualisme officiel.   Dans un premier temps il se consacre à la fabrication de sites d’artistes. Il fait partie des pionniers en ce domaine. Il cherche à rendre l’œuvre de chaque artiste, vivante, compréhensible, à montrer le chemin singulier de chacun, ses archives, toutes choses avec une grande qualité des images.

 Créer les nouveaux chemins de la visibilité

Mais une visibilité sans communication est insuffisante. La création de nouvelles armes stratégiques de diffusion exige un travail de fond. L’outil technique, la nouvelle arme existe mais pas encore les stratégies de son usage. Comment rendre visible l’œuvre d’un artiste au milieu d’une concurrence si abondante ? Il faut créer des chemins algorithmiques, des mots clefs, permettant de qualifier, présenter une œuvre, de l’associer aux familles picturales proches. L’IA rend possible le rapprochement des œuvres par la ressemblance et rend ainsi la comparaison possible.

 Cette démarche était alors très complexe en raison de l’extrême diversité de l’art en ce début de millénaire mais aussi parce que toute une partie de la création était invisibilisée par les institutions et médias c'est-à-dire non reconnue, non archivée. Même les mots pour désigner ces œuvres manquaient, l’unique sémantique utilisée était celle de l’art conceptuel officiel.

En France, la peinture pendant plusieurs décennies n’avait pas été vue, commentée, qualifiée par critiques et historiens d’art suffisamment en vue. Les archives en ce domaine existent mais uniquement de façon privée. Les mots pour faire apparaître sur Internet la peinture de cette époque n’existaient pas. Elle avait été déclarée morte par institutions et médias. Or l’observation du réel montre que tous les courants présents sur la scène de l’art depuis le début du XXème siècle étaient  toujours là, mais ayant connu métamorphoses et hybridations à l’infini.

 Ce fut un immense travail d’élaborer critères, catégories de classement et mots clefs permettant à l’amateur-chercheur d’œuvres de trouver ce qu’il aime et cherche. Ce fut une aventure accomplie par le trio Philippe Sauvan Magnet, le critique d’art Francis Parent et le directeur d’une revue d’art non subventionnée, Pierre Souchaud, créateur d’Artension. Ils étaient les rarissimes connaisseurs, en France, de l’ensemble de la scène artistique, l’officielle et la cachée.

La nouveauté de cette création de chemins d’accès à l’œuvre singulière, réside en ce qu’elle utilise des mots clefs très divers : thèmes, contenus, ressemblance visuelle, style, couleur, formes, etc. On n’entre plus désormais par une seule porte !

Cette recherche a inspiré à Philippe Sauvan Magnet la création en 2006 d'un moteur de recherches des Arts Visuels baptisé Visual Arts Explorer dont le but est de donner au chercheur-amateur les outils de sa découverte personnelle

Vint ensuite la conception d’un nouveau modèle économiquement viable pour les membres du trio lié par un destin commun : artiste-galeriste-amateur. Philippe Sauvan Magné crée la société Active-Art. C’est un hybride : une galerie-plateforme. Il a l’ambition de s’adapter constamment à ce que permettent les nouvelles applications numériques qui ne cessent de transformer le marché de l’art.  La galerie est un lieu de vente d’œuvres incarnées en un lieu enraciné. C’est aussi une plateforme stratégique de visibilité. En 2015, elle est complétée par le Club des Ateliers d'Artistes, lieu de conseil, réflexion, transmission sur comment chaque œuvre singulière peut tirer avantage et visibilité des nouvelles technologies numériques.

La longue aventure de Philippe Sauvan Magnet continue sa course car il observe toujours et cherche à comprendre cette réalité en perpétuelle métamorphose.

Ce petit livre, si simple et clair à lire, aidera beaucoup d’artistes, d’amateurs, de galeries à réfléchir, à se poser des questions et à trouver des solutions. Il inspirera aux uns et aux autres de nouveaux modèles adaptés à quelques grands faits actuels indéniables :

- L’artiste s’il veut être libre doit créer à nouveau un lien direct avec l’amateur. Tout narcissisme lui est mortel.

- Pour communiquer il faut exister, être vivant, rendre visible la singularité de l’œuvre produite par un être unique. La qualité intrinsèque de l’œuvre peut redevenir déterminante.

- La galerie ne peut pas être son unique intermédiaire mais elle peut jouer un rôle essentiel en transformant sa manière de fonctionner.

- Le marché de l’art c’est aujourd’hui deux réalités pour ainsi dire opposées.

Le haut marché de l’art est un marché de « l’offre », spéculatif, financier, fonctionnant en réseau fermé.

-Internet est la nouvelle place d’un marché de « l’offre et de la demande », mondiale, ou la concurrence est essentielle.

Lisez ce petit livre, il vous permettra d’y voir plus clair dans ce monde de l’art ou règne la confusion cognitive !

Aude de Kerros

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