PREFACE
par Pierre Souchaud


DIEU SOIT LOUÉ, LA FIN DU MODÈLE TRADITIONNEL DES GALERIES D’ART NE SIGNIFIE PAS LA FIN DE L’ART, DES ARTISTES ET DE L’HUMANITÉ !

En effet, si le « modèle galerie d’art » de ces dernières décennies est à réactualiser, le « modèle artiste » et le « modèle humain », eux, restent toujours valables et opératoires.

Et c’est bien à partir de cette heureuse évidence que Philippe Sauvan-magnet propose dans ce livre à l’usage des artistes, de nouvelles stratégies de reconnaissance et de diffusion de leur création.

La galerie d’art constituait, jusqu’à maintenant, dans l’écosystème naturel de l’art, la partie diffusion. Les deux autres étant la création et la reconnaissance publique…La galerie étant le lien entre les deux.

Ce qui vient de se passer récemment, et qui a bouleversé ce schéma, c’est, d’une part, l’avènement d’internet, et, d’autre part, la désastreuse intervention étatique dans le champ de la création et de sa diffusion…

Internet a permis une relation directe entre l’artiste et le public, court-circuitant ainsi le rôle de passeur-conseiller, à visage humain, que remplissait le galeriste… Faisant disparaître également le rôle de la galerie comme lien de socialité et de convivialité, comme lieu d’échanges vivants et amicaux avec l’artiste et pour les amateurs d’art en eux, comme foyer d’humanité.

L’appareil d’État, avec ses FRAC, ses MAC et ses lieux subventionnées, pour promouvoir l’art conceptuel et/ou « déconstruit », a réussi à disqualifier et invisibiliser les artistes indépendants des néfastes préconisations ministérielles et à détruire les galeries prospectives découvreuses de nouveaux talents. Il a fait en revanche, le bonheur des galeries vendeuses de produits placements d’argent et de signes d’appartenance à l’élite mondialisée.

Mais, paradoxalement, face à cette funeste conjugaison internet-appareil d’État, la création artistique véritable, n’a jamais été aussi abondante, libre, inventive et diversifiée. Elle tente donc de s’organiser pour reconstituer un écosystème de reconnaissance de l’art avec des centaines d’associations, de réseaux de connivence, de manifestations excentrées maillant l’hexagone. Une recherche et un renouvellement qui se font dans une sorte de foisonnement désordonné… (Sous le regard commisératoire voire hostile, de l’appareil culturel d’État.)

C’est donc dans ce contexte « compliqué » que Philippe Sauvan-Magnet intervient pour proposer des solutions « simples » pour utiliser au mieux ce qu’internet peut avoir de vertueux.

Voilà plusieurs décennies qu’il s’emploie à construire toute une variété   d’outils pour aider les artistes à se faire connaître et à vendre leur travail… Il m’est impossible de vous dresser la liste de tous ces outils ici, car elle serait trop longue… Sachez seulement que j’ai un peu participé à l’élaboration de quelques-uns.

L’aventure prospective de Philippe, dans son soutien indéfectible aux artistes, continue donc avec ce livre, dont j’ai le plaisir d’accompagner ici la publication.

Pierre Souchaud

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